Du bon usage de la nature de Catherine et Raphaël LARRERE

Ce matin, sur France Inter, Laurence Luret recevait Catherine Larrère, philosophe, qui a écrit en 2009 « Du bon usage de la nature – Pour une philosophie de l’environnement. »

Dans ce livre, Catherine Larrère passe sous le scalpel philosophique le concept de nature et la relation homme/nature. Elle s’inscrit pile poil dans les préoccupations et les questionnements du Collectif « Eduquer à la Nature » !

« Il existe des solutions, dit la philosophe, qui permettent de concilier les intérêts des hommes et ceux des « non-humains » (selon l’expression de Bruno Latour ou de Philippe Descola). Il ne s’agit donc pas de choisir entre l’homme et la nature, mais entre différentes façons de vivre dans la nature, de l’habiter.

Dans nos rapports à la nature, la représentation scientifique que nous avons de la nature joue un rôle décisif. Elle met véritablement en forme nos rapports à la nature. C’est une idée que nous avons empruntée à Callicott. Il ne s’agit certes pas d’ignorer le rôle des sentiments, la dimension subjective de notre rapport à la nature (le romantisme, pour aller vite). Mais nous avons voulu insister sur la dimension rationnelle de la défense de la nature.

Mais si le souci de la nature procède de la modernité, il conduit à en sortir. La modernité est marquée par le dualisme : elle oppose le sujet et l’objet, l’homme et la nature. Or l’écologie remet l’homme dans la nature : elle considère qu’il en fait partie. C’est ce que nous avons voulu montrer, non seulement au niveau des grandes options philosophiques ou dans les différentes formulations des éthiques environnementales, mais aussi par une analyse précise des pratiques de protection de la nature et des schémas scientifiques qui les dirigent.
Si l’on a pu passer de la protection d’une nature sauvage, dont l’homme est nécessairement absent, au pilotage de la biodiversité (que les actions humaines peuvent enrichir), c’est que l’écologie scientifique a changé, et que l’on a intégré une vision plus dynamique de la nature, dans laquelle les actions humaines n’apparaissent pas inévitablement perturbatrices. »

Plus d’infos sur : wildproject: journal of environmental studies

 

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